Deuxième adjointe au maire (LR) de Saint-Étienne Gaël Perdriau et 4e vice-présidente de Saint-Étienne Métropole, Siham Labich, également présidente du Modem de la Loire, a publié lundi 14 septembre sur sa page Facebook un texte particulièrement violent : « Ce n’est pas la peine de mort qu’il vous faut, bien trop douce pour des prédateurs comme vous, mais une peine qui vous torture, à vie ! »

Pas de source

A lire la suite du message, on comprend qu’elle s’adresse à une personne qui aurait tué un enfant au Maroc après l’avoir agressé sexuellement. Mais il n’y a ni source ni information factuelle dans la publication postée par l’adjointe sur Facebook. Seulement un prénom, celui de la victime présumée, Adnane, dans un texte étrange, écrit par ce dernier à la première personne : « […] Mes amis , ne me cherchez plus , mon corps gît rigide , glacé par l’ignominie d’un loup enragé […].» Le post se conclut par : « Je pense à tous ces enfants victimes de violences… Faites attention à vos enfants… #violences #enfants ».

Lynchage, pendaison, castration…

Les dizaines de commentaires de la publication vont dans le sens de l’élue (les commentaires critiques ont été retirés, dont un notamment qui rappelait au respect des principes républicains). Certains, suivant l’exemple de l’adjointe au maire, appellent à des actes de vengeance pour toute justice, selon des degrés de barbarie plus ou moins élevés (lynchage, pendaison, castration, mains coupées…) et dans un vocabulaire choisi (« pourriture », « merde », « chien », « monstre »).

Présomption d’innocence et anonymat bafoués

Au milieu de ce flot de commentaires à la violence non contenue, l’adjointe au maire donne enfin sa source : un article (non signé) du site marocain H24Info : « En colère, des Marocains réclament la peine de mort pour le meurtrier du petit Adnane ». Il explique qu’un garçon de onze ans prénommé Adnane a été retrouvé mort à Tanger, qu’il a subi des sévices sexuels avant d’être tué et que la police a arrêté un homme dont la photo est publiée en gros plan : il y est parfaitement reconnaissable. Il est aussi précisé que l’enquête est en cours et que cet homme est pour l’instant suspect. Donc présumé innocent.