Après avoir fait campagne avec le candidat de la République en Marche Patrick Revelli, le PRG a finalement présenté sa propre liste et son programme – quasi-inexistant – une semaine seulement avant le premier tour. De l’art de faire rimer versatilité et vacuité.

Le Parti radical de gauche (PRG), c’est un peu l’ovni de cette campagne électorale stéphanoise : objet vain non identifié. Dans un premier temps, il s’est d’ailleurs plutôt agi d’un objet versatile non identifiable : il a été assez compliqué de deviner sur quelle liste la candidate du PRG, Zahra Bencharif, allait atterrir.

Après s’être alliée au Parti socialiste lors des élections départementales et régionales de 2015 et de l’élection présidentielle de 2019, la responsable départementale du PRG avait choisi de rallier le parti d’Emmanuel Macron, la République en Marche, pour les élections municipales.

Chapelles

Celle qui est la suppléante du député de la République en Marche Jean-Michel Mis, annonça le 8 octobre 2019 soutenir la campagne de Patrick Revelli. Elle expliquait alors que le choix, comme tête de liste, d’une personnalité non encartée issue de la société civile permettait de régler « les problèmes de chapelles ».

Trois mois plus tard, sans véritablement expliquer son choix, elle décidait finalement de rajouter une chapelle à l’offre existante et de partir en solitaire sous le drapeau du PRG. Une semaine seulement avant le premier tour, elle présentait enfin sa liste et son programme. Il faut dire que ce dernier est – très, très – vite lu.

Le projet du PRG pour Saint-Étienne tient sur une petite double page. Il n’aligne pas plus de trois ou quatre propositions concrètes d’importance (municipalisation de la gestion de l’eau, prolongement du tram jusqu’à Montreynaud, gratuité des transports le samedi), et autant qui sont purement anecdotiques (création d’un label « Saint-Étienne aime le local », remplacement des éclairages classiques par des Led).

Festival de généralités

Le tout, au milieu d’un festival de fabuleuses généralités et de remarquables banalités qui n’engagent strictement à rien : « améliorer la qualité de l’air que nous respirons » (comment ? on ne le saura pas), « investir dans les secteurs d’avenir » (lesquels ? on ne le saura pas), « gérer l’implantation de caméras » (c’est à dire ? en rajouter ? en supprimer ?), « mettre la nature dans notre quotidien » (comment ? on ne le saura pas), « adapter l’offre de parkings » (c’est à dire ? en fermer ? en ouvrir ?), « encourager le commerce de proximité » (comment ? on ne le saura pas), etc.

Il y a une forme de singularité dans cette candidature du PRG qui pourrait s’apparenter à une performance artistique. Sur le plan politique, en revanche, elle serait à classer dans la catégorie « contre-performance ». Il s’agit là d’une parfaite illustration de ce qu’il ne faut pas faire lorsque l’on est candidat à une élection et que l’on tient à exprimer un minimum de respect aux électeurs. De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la campagne du PRG est tout à fait exemplaire.