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Ce vendredi 21 décembre 2018 en début d’après-midi, Régis Peyrard n’est pas venu au tribunal correctionnel écouter l’énoncé de son jugement. L’ancien prêtre âgé de 85 ans était poursuivi pour agression sexuelle sur mineur. Les faits rapportés pendant le procès par les témoins de personnalité, qui portent sur plusieurs dizaines d’années, étaient tous prescrits, exceptés deux, commis en 1991 et 1992. Le procureur avait requis trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis. Les juges ont reconnu Régis Peyrard coupable des faits et l’ont condamné à dix-huit mois de prison dont 12 mois avec sursis, soit six mois de prison ferme. La condamnation étant inférieure à deux ans et l’auteur n’étant pas récidiviste, la peine est aménageable, ce qui signifie que Régis Peyrard n’ira pas en prison.

Si les témoins présents le 21 décembre s’attendaient à une peine plus lourde et à une incarcération, ils sont satisfaits de la reconnaissance des faits subis et de sa culpabilité. A l’image de leur avocat, Jean Sannier, qui déclare que s’il « ne paie pas pour toutes les horreurs commises », ce jugement « sonne le glas de l’impunité que confère la soutane ». Ce verdict aura aussi eu pour effet de susciter une déclaration de l’évêque de Saint-Etienne, Sylvain Bataille, sous forme de communiqué de presse. Il évoque « la souffrance » des victimes et leur « difficile travail de reconstruction ». Il annonce qu’il leur fera des « propositions ». La colère est toujours très vive chez ces dernières à l’encontre du prélat, qu’ils estiment froid et distant depuis la révélation publique des faits. Pour Jean-François J., victime présumée et témoin de personnalité au procès, ce communiqué ne va pas assez loin : « Ce ne sont que des mots, et il ne parle ni de responsabilité de l’Église, ni d’indemnisation des victimes. » (lire l’entretien)

Luc Chatel (écrit pour Le Monde des religions)