Extrait de la chronique de Daniel Bougnoux « Crash technique, effondrement humain », publiée sur son blog suite au crash de l’A320 de la German Wings, le 24 mars 2015.

3957083770_a14500d060_z« (…) Ce crash met en pleine lumière le contraste, voire la contradiction, entre nos performances techniques et les facteurs humains qui les encadrent. Notre monde est « technically or objet-oriented », focalisé sur les indicateurs techniques de résistance, de durabilité ou de fiabilité de nos outils ; on se montre très sévère, et on a bien raison de l’être, avec la maintenance des appareils – mais des hommes ?

(…) La relation technique est transparente dans la mesure où nous la dominons, où nous savons analyser un processus morceau  par morceau, et remplacer une pièce détachée. Nos relations pragmatiques n’ont pas cette complaisance : comment naît, comment se nourrit de lui-même et en même temps se dissimule dans les replis de l’âme un désir de suicide ou un nervous breakdown ? Les portillons magnétiques de nos aéroports, les scanners numériques appliqués à nos bagages ne descendent pas dans les circonvolutions cérébrales, l’homme est une boîte noire ou un secret pour l’homme.(…) »