2301611128_2e8fb7c454_zExtrait d’un entretien accordé à Libération par Dennis Meadows (avant la conférence Rio+20 de juin 2012).

 » (…) Avons-nous un moyen de maintenir le mode de vie des pays riches ? Non. Dans à peine trente ans, la plupart de nos actes quotidiens feront partie de la mémoire collective, on se dira : «Je me souviens, avant, il suffisait de sauter dans une voiture pour se rendre où on voulait», ou «je me souviens, avant, on prenait l’avion comme ça». Pour les plus riches, cela durera un peu plus longtemps, mais pour l’ensemble des populations, c’est terminé. On me parle souvent de l’image d’une voiture folle qui foncerait dans un mur.

Du coup, les gens se demandent si nous allons appuyer sur la pédale de frein à temps. Pour moi, nous sommes à bord d’une voiture qui s’est déjà jetée de la falaise et je pense que, dans une telle situation, les freins sont inutiles. Le déclin est inévitable.

En 1972, à la limite, nous aurions pu changer de trajectoire. A cette époque, l’empreinte écologique de l’humanité était encore soutenable. Ce concept mesure la quantité de biosphère nécessaire à la production des ressources naturelles renouvelables et à l’absorption des pollutions correspondant aux activités humaines. En 1972, donc, nous utilisions 85% des capacités de la biosphère. Aujourd’hui, nous en utilisons 150% et ce rythme accélère. Je ne sais pas exactement ce que signifie le développement durable, mais quand on en est là, il est certain qu’il faut ralentir. C’est la loi fondamentale de la physique qui l’exige : plus on utilise de ressources, moins il y en a. Donc, il faut en vouloir moins. (…) »

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Lire aussi son entretien accordé à la revue allemande Format, publié sur le site nœud-gordien.fr :

« La démocratie n’a produit que des crises qu’elle ne sait pas résoudre « 

Extrait :

 » (…) Je vois deux tendances. D’un côté, la dissociation d’Etats en unités plus petites, comme des régions telle la Catalogne, et de l’autre une superpuissance forte et centralisée. Pas un Etat, mais une combinaison fasciste d’industrie, de police et d’armée. Peut-être y aura-t-il même les deux à l’avenir. La démocratie est en vérité une expérience sociopolitique très récente. Et elle n’existe pas véritablement actuellement. Elle n’a produit que des crises qu’elle ne sait pas résoudre. La démocratie n’apporte en ce moment rien à notre survie. Le système s’effondrera de l’intérieur, non pas à cause d’un ennemi externe.(…)  »