6749099999_0335060d24_zComme l’ont rappelé le 6 janvier 2015 les représentants des différentes religions d’Alsace-Moselle, dans un appel à son abrogation, le délit de blasphème est inscrit dans le concordat en vigueur dans leur région. Ce concordat que le candidat François Hollande a voulu rendre constitutionnel en 2012.

– Extrait d’un article du Monde.fr publié le 27 janvier 2012 « Hollande, 1905 et concordat : quelle laïcité pour le candidat socialiste ? » :

 » Dimanche, le candidat socialiste avait officiellement confirmé son intention de constitutionnaliser les deux premiers articles de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, qui assurent la liberté de conscience, garantissent la liberté de culte et prévoient que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte« . Cette proposition, faite au nom d’un attachement « viscéral » à la laïcité, était apparue incompatible avec le concordat d’Alsace et de Moselle de 1801, qui prévoit au contraire la reconnaissance des culte catholique, protestants et juif ainsi que la rémunération de leurs ministres.

Cette incompatibilité avait été comprise par certains, à droite comme à gauche, comme le début d’une possible remise en cause du concordat. Le président de la République, Nicolas Sarkozy avait même épinglé M.Hollande sur ce point lors de ses voeux aux représentants des cultes, mercredi. Face à ce flou et aux interrogations qu’il a suscitées, M.Hollande a donc assuré jeudi qu’il n’en serait rien. Mieux, il « constitutionnalise » le concordat.

Pour Henri Pena-Ruiz, philosophe, spécialiste de la laïcité et partisan de la suppression du concordat, en inscrivant dans la Constitution l’exception concordataire, « on fait régresser la laïcité, alors qu’on prétendait la faire progresser en l’élevant dans la hiérarchie des normes. On élève la consécration d’une inégalité ». Il juge en outre la rédaction de l’alinéa peu « claire ».« 

– Lire aussi l’article des Dernières nouvelles d’Alsace du 13/02/2012 qui rapportait les propos précis du candidat François Hollande :

«Bien loin de porter atteinte aux règles qui régissent, de façon particulière, les relations entre l’Etat et les cultes concordataires en Alsace-Moselle, elles seront au contraire confortées dans leur spécificité, en se voyant reconnues au niveau constitutionnel»