1463627181_1bb005b52d_zExtrait de la tribune publiée par le groupe Contrefort dans Marianne, « Après le 11 janvier, quel itinéraire jusqu’à République ? »

« (…) L’intégration ensuite. Elle ne peut être abordée seulement sous l’angle des discriminations, quand bien même celles-ci sont pendantes, sans avoir été traitées. Il faut se demander pourquoi la troisième génération des jeunes français issus de l’immigration forme de gros bataillons de l’échec scolaire, pourquoi aussi cette population française semble socialement vouée aux métiers non qualifiés, dans le nouveau « prolétariat des services ».    

   Au-delà des figures très médiatisées de l’intégration (des sportifs aux artistes), l’intégration ordinaire, celle qui marche tout de même souvent, passe classiquement par l’école, l’emploi, parfois par l’union mixte. Ne feignons pas de redécouvrir à quel point les politiques éducative et économique sont décisives ! Que l’échec scolaire et la faible qualification favorisent tout à la fois la tentation de la délinquance et du trafic comme économie de substitution, et cette religion du ressentiment qu’est l’islamisme radical, voilà un diagnostic certes sans surprise, mais solide et éprouvé.

   Encore faut-il en tirer les conséquences pour les politiques publiques. La politique de la ville n’a pas répondu à ces questions, ce n’était d’ailleurs pas son objet, mais a-t-elle eu le bon ? La politique d’éducation prioritaire n’y a pas répondu non plus, hélas. Tout se passe comme si on avait laissé, depuis les émeutes de 2005, le salafiste et le caïd « prendre en charge » certains quartiers, devant le désarroi, parfois accommodant, des élus locaux – ce que Gilles Kepel suggérait dans Passion française.(…) »