Mairie de Champlan (Essonne)

Et si le refus du maire de Champlan (Essonne) d’inhumer un bébé rom dans le cimetière municipal n’était que l’aboutissement logique d’un climat de ségrégation et de discrimination qui imprègne d’autant plus la société française qu’il en parcourt tout l’éventail politique, jusqu’à son sommet ?

Souvenons-nous des mots du Premier ministre actuel, prononcés en septembre 2013, quand il était alors ministre de l’Intérieur :

« Les Roms ont vocation à rester en Roumanie, à y retourner (…) les occupants de campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays. »

Extrait d’un article du Parisien sur la décision du maire de Champlan :

« Elle s’appelait Maria Francesca. Maria comme sa grand-mère, et Francesca comme la France, où elle est née et reposera, même si ce n’est pas dans la ville où elle aura vécu sa courte vie. La petite fille, née à Longjumeau en octobre et dont les parents vivent depuis plus d’un an dans le bidonville de Champlan, a été victime dans la nuit du 25 au 26 décembre de la mort subite du nourrisson, constatée à l’hôpital de Corbeil où elle avait été transportée par les secours.

Les parents endeuillés souhaitaient faire enterrer leur bébé à Champlan, là où sont aussi scolarisés leurs deux fils. Une volonté qui leur a été refusée mercredi par la mairie.

« La famille voulait une inhumation à Champlan car elle y est installée. Elle est chrétienne, très pieuse et voulait pouvoir se recueillir tous les jours. Nous avons donc fait une demande classique auprès de la mairie de Champlan. Mais elle m’a rappelé pour me dire qu’elle était refusée », raconte Julien Guenzi, nouveau gérant des pompes funèbres l’Escarcelle à Corbeil, chargé de l’enterrement qui se déroulera lundi matin à Wissous, après une cérémonie religieuse à l’église Saint-Paul de Massy. (…) »