filippettiDans un entretien accordé au Parisien, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, annonce que les nominations des présidents de chaînes publiques de l’audiovisuel se feront désormais à « une majorité des trois cinquièmes des commissions des Affaires culturelles des deux Assemblées ». 

Elle explique ainsi vouloir rompre avec d’anciennes pratiques : « Le président de la République ne choisira plus un patron de chaîne comme par le passé. » Et précise : « Il s’agit de rétablir l’indépendance du CSA (NDLR : Conseil supérieur de l’audiovisuel) et des présidents de l’audiovisuel public, leur impartialité. (…) Les personnalités nommées devront transcender les clivages droite-gauche. » 

Or l’un des premiers actes forts de François Hollande en matière de nomination va plutôt dans le sens contraire des propos et des promesses de sa ministre. On se souvient en effet que le Président de la République a nommé à la tête du CSA Olivier Schrameck, ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon, de 1997 à 2002. Pour  « transcender les clivages droite-gauche », il y avait mieux…

Surtout, au détour d’une phrase, la ministre utilise deux formules qui risquent de très mal passer dans les rédactions de Radio-France et de France Télévision. Elle qualifie en effet la première de « Radio Sarko » et la seconde de  » Télé Elysée », en affirmant « On veut en finir avec Radio Sarko et la Télé Elysée, un système établi à la hussarde et sans concertation ». La première réaction est venue, de façon assez inattendue… d’Europe 1. Mercredi 24, à 8h40, dans son exercice quotidien de la revue de presse, Samuel Etienne, nouvelle recrue de la station et ex de France Télévisions, a épinglé la ministre :

« c’est sur l’indépendance des salariés, des rédactions de Radio France et de France Télévisions que la ministre laisse planer le doute; des salariés qui n’ont, je peux vous l’assurer, aucunement eux l’impression de travailler au quotidien pour Radio Sarko et Télé Elysée, ce serait leur faire injure que de penser le contraire »

Cette affirmation de la ministre est d’autant moins habile et élégante qu’elle doit en grande partie son existence politique au fait qu’elle a été très mise en avant par les médias ces dernières années, notamment ceux du service public. Enfin, alors que les critiques fusent de toutes parts contre sa politique culturelle (exprimées notamment par les lettres ouvertes de Philippe Caubère et de Michel Hazanavicius ), un peu de retenue pourrait être de mise. 

François Hollande a eu tort de demander à ses ministres de ne pas partir en vacances : apparemment, certains frisent la surchauffe.