bougrab4Après Roselyne Bachelot sur D8 voici Jeannette Bougrab qui débarque sur Canal +. La chaîne vient d’ annoncer que l’ancienne secrétaire d’Etat à la jeunesse du gouvernement Fillon allait devenir, en septembre 2013, chroniqueuse du Grand Journal animé par Antoine de Caunes.

Jeannette Bougrab fait partie de ces responsables politiques, qui, pour brillants et diplômés qu’il soient (elle est docteur en droit public), ont tout raté dans leur carrière politique. Des nuls, en somme, qui n’ont existé que par leur présence médiatique. Et qui ont toujours réussi à se caser dans des Hauts-Conseils, Instituts et autres placards à loosers de la république.

Une bonne cliente pour les médias

Mise en avant par Nicolas Sarkozy qui lui avait confié en 2004 un secrétariat national (aux nouvelles adhésions) à l’UMP, Jeannette Bougrab, tête bien faite et sourire charismatique, représentait à la fois l’ouverture vers l’électorat d’origine maghrébine et la tradition gaulliste sociale, dont elle se réclame.

Elle est rapidement devenue une cliente idéale pour des médias en quête de personnage atypique : assumant à la fois la politique d’ouverture de la France à l’immigration et une position républicano-laïque intransigeante sur l’islam. Les intellectuels médiatiques (Finkielkraut, Alexandre Adler et Cie) l’ont immédiatement adoptée et adulée.

Un bilan politique nul

En juin 2007, Jeannette Bougrab est investie par l’UMP pour se présenter aux législatives dans le 18e arrondissement de Paris. Elle se fait laminer par le candidat socialiste Christophe Caresche, en réalisant le plus mauvais score jamais atteint au second tour dans cette circonscription (36,71 %). Nommée secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative dans le gouvernement Fillon en novembre 2010… elle n’y a rien fait de plus que tous ses prédécesseurs attirés avant tout par les lambris et les voitures avec chauffeur.

Présidences et jetons de présence

Si elle a parfaitement raté sa carrière politique, Jeannette Bougrab sait s’y prendre pour occuper les postes prestigieux et souvent bien rémunérés dans tout ce que la république compte de repaires dorés pour placardisés et lobbyistes. En avril 2010, elle est nommée présidente de la Haute-Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). Poste qu’elle quitte 8 mois plus tard pour intégrer le gouvernement Fillon. Elle s’est distinguée à la Halde pour avoir doublé son salaire, de 6900 à 14 000 euros, comme le révéla un article du Canard enchaîné.

Elle a également été présidente de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, membre du Haut Conseil à l’intégration, administratrice de l’Institut du monde arabe, du Conseil d’analyse de la société et du Conseil d’orientation et de réflexion sur les assurances. Elle est maître des requêtes au Conseil d’Etat et a été nommée, à 35 ans, chevalier dans l’Ordre national du mérite. Et une fois par mois, elle dîne à l’hôtel Crillon en compagnie de ses camarades membres du Siècle, réseau très influent de responsables économiques, politiques et médiatiques tous convertis au néolibéralisme.

En 2012, elle intègre le cabinet d’avocats d’affaires Mayer Browne. Par conviction, nul n’en doute. A ses moments perdus, Jeannette Bougrab écrit des livres. Toujours très bien promus et reçus dans les grands médias. Dernier titre paru : « Ma République se meurt ». On ne saurait dire mieux.

Et en juillet 2013, elle décroche donc ce nouveau job à la mode : chroniqueur télé. De quoi, certainement, restaurer la confiance des Français dans la politique et dans les médias…