media_xll_5986385Est-ce la soudaine chaleur ? l’abus de Ricard ? de pot belge ? Dimanche 14 juillet, après l’arrivée d’étape du Tour de France, le directeur du quotidien l’Equipe, Fabrice Jouhaud, a tenu sur RTL, dans l’émission « En direct de l’Equipe », des propos pour le moins douteux.

Après que les journalistes du service des sports de RTL ont clairement soupçonné le vainqueur de l’étape, Christopher Froome, de se doper (lire ici), Fabrice Jouhaud a fait référence à l’Occupation et comparé ces journalistes à des collabos :

 » le problème de la suspicion, c’est que finalement, ceux qui jettent l’opprobre ne sont pas des gens sympathiques (…). Eh oui, ce n’est pas si simple, hein, ne dénonçons pas notre voisin comme on l’a fait à certaines époques. »

Rappelons que l’Equipe appartient au groupe Amaury, organisateur du Tour à travers la Société du Tour de France, qu’il détient. Et que le même Fabrice Jouhaud assume par ailleurs sans complexe sa position de VRP, au détriment de celle de journaliste : « A L’Equipe, on n’écrira jamais rien frontalement contre l’organisateur du Tour (…) le scandale nuit plus qu’il ne rapporte », a-t-il déclaré dans un article de Télérama, « Médias, dopage et Tour de France : le maillot jaune de l’hypocrisie » (22/06/2013)

Ce journaliste-VRP du Tour de France rejoint ainsi la position de Bernard Hinault, dit « le blaireau ». Employé par la Société du Tour de France, lui aussi, il déclara le 28 juin 2013, sur BFM TV, avant de quitter l’antenne en direct : « le dopage (…) c’est fini, on n’en parle plus, terminé, pensons à l’avenir ». Où l’on voit que le « blaireau » a fait des petits à l’Equipe…

Il a d’ailleurs suffi d’ouvrir l’Equipe du 15 juillet pour découvrir, effaré, le traitement de l’étape du Mont Ventoux par le quotidien. Titre de Une : « Froome, naturellement ». Ben voyons… Aucune interrogation, aucun doute sur la performance de Froome dans les six pages qui traitent le sujet. Seulement une ou deux formules évasives dans l’édito de Philippe Bouvet : « Dans le sport d’aujourd’hui, il est tout à fait normal que l’on se pose des questions. » Et ce constat, effarant, car à contre-courant de toutes les observations : « Ce n’est qu’une impression, elle vaut ce qu’elle vaut, mais il n’y a rien eu de vraiment renversant sur les pentes du Ventoux. »

Si l’on ouvre le Parisien pour essayer d’en savoir un peu plus, c’est peine perdue. Le quotidien appartient aussi au groupe Amaury ! Dans un article au titre étrange qui compare Froome à Armstrong, « Froome a marché sur la lune », le journal rappelle que Froome a fait un meilleur temps au Mont Ventoux que… Pantani et Contador jadis, tous deux tombés pour dopage. Et pour aborder le sujet, le journaliste donne la parole… au directeur sportif de Froome, Nicolas Portal, qui évidemment a tout loisir de dire à propos de ces comparaisons : « C’est injuste (…) et ça blesse ». Merci les gars, beau boulot.