bergerLe dimanche 16 juin 2013, le quotidien La Provence (propriété de Tapie – Hersant) publiait une interview de la députée PS des Hautes-Alpes Karine Berger (photo). Un article qui a fait le tour d’Internet : la quadragénaire y dévoilait une prétention et une arrogance peu communes. Avec notamment ce passage culte :

« Je suis l’un des députés les plus visibles. J’ai le sentiment surtout d’être extraordinairement influente dans l’équilibre croissance – austérité. Ma voix a fortement porté et le Président de la République l’a entendue. De même pour la loi bancaire. J’avoue que cette capacité à faire bouger les lignes dès la première année de mon élection a sans doute surpris… C’est aussi le fruit de ma motivation, de mon ambition et de mon énergie. »

Et d’autres pépites de la même matière :

« Beaucoup m’abordent en me disant : « On parle énormément de vous.«  »

« Je suis une vraie intellectuelle (…). En ce moment, je lis un livre en Italien (la langue de Dante lui est familière, ndlr) et, sur ma table de chevet, j’ai le mensuel « Tangente » consacré aux mathématiques. J’aime pouvoir découvrir les facettes du génie humain. »

Si ce formidable génie a ainsi pu illuminer le lecteur de sa rayonnante splendeur intellectuelle, c’est en grande partie grâce aux questions du journaliste (?), d’une rare complaisance. Deux se distinguent particulièrement :

« Vous bénéficiez d’une grande notoriété et vous apparaissez comme une interlocutrice privilégiée des médias. Comment prenez-vous cette surexposition ?  »

« Nos lecteurs auront compris que vous avez une vie trépidante. Avez-vous le temps de vivre à côté de la politique ? »

L’auteur de cet entretien, un certain Maurice Fortoul, est revenu sur les conditions de cet entretien, dans un article publié sur le site de La Chaîne Parlementaire. A la question de savoir s’il n’avait pas été trop complaisant, il donne une réponse d’anthologie :

« C’était dans le cadre de l’interview du dimanche, il n’était pas question d’avoir des questions agressives. Nous ne sommes pas Mediapart. Le but était surtout de mieux la faire connaître à nos lecteurs, un an après son élection. »

Merci Maurice !