tapieDans l’émission Service Public du 7 juin 2013, sur France Inter, consacrée à Bernard Tapie, le journaliste politique Thomas Legrand a raconté le souvenir d’une altercation plutôt vive avec Bernard Tapie, il y a vingt ans. Extrait :

« J’ai un souvenir particulier de Bernard Tapie, en 1993, alors qu’il se présentait comme tête de liste aux élections régionales en Provence Alpes Côte d’Azur. J’étais chargé de le suivre partout pour une radio monégasque (RMC, NDLR), ce que j’ai fait pendant deux mois. Un jour il m’a pris à part et m’a dit : « Je vais faire de toi un Rouletabille, j’ai un scoop pour toi, viens avec moi ce soir à l’OM, je crois que Papin a quelque chose à te dire ». J’avais deviné que Jean-Pierre Papin, qui était alors une star, allait se prononcer pour Tapie aux régionales. Je me suis demandé s’il était inscrit sur les listes électorales. J’ai vérifié : il ne l’était pas.

Je me retrouve donc le soir avec Tapie dans les vestiaires de l’OM. Il avait fait sortir les autres joueurs. Il dit à Papin : « Vas-y, parle à Thomas, dis-lui, tu peux avoir confiance ». Papin me dit : « C’est un très bon président de l’Olympique de Marseille, donc je pense que ce serait un très bon président de région ». Je lui demande alors :  « Vous appelez à voter pour lui ? ». Il me répond : « Oui ». Je lui demande : « Et vous, vous allez donc voter pour lui? ». Il me dit : « Oui ». Là je lui répond : « Où ça ?… En fait vous n’allez pas voter pour lui parce que vous n’êtes pas inscrit sur les listes électorales. Ce n’est pas un peu bizarre d’appeler les gens à voter pour lui alors que vous-même ne le ferez pas ? »

Papin est alors un peu dépassé. Tapie le vire du vestiaire, prend mon magnétophone que je lui reprend et s’ensuivent vingt minutes à la « Tapie ». D’abord il essaye de me séduire en me disant « tu ne peux pas passer ce truc là, tu te rends pas compte, les jeunes sont fascinés par Papin, c’est anti-civique… ». Mais je résiste en lui disant que c’est moi qui décide des montages de mes reportages et certainement pas lui et je lui dis : « Laisse-moi sortir ». Mais il ferme le vestiaire à clé et me menace physiquement. J’arrive à sortir, et je m’enfuis, poursuivi par Tapie et ses sbires qui me courent après dans le stade vélodrome… Voilà qui était Tapie. Et je souhaite donc bon courage à mes petits camarades de la Provence… »

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