547_JOURS_couv_DOC 145Hervé Ghesquière, journaliste de France 3, ex-otage en Afghanistan pendant 547 jours avec Stéphane Taponier, est poursuivi pour diffamation par le lieutenant-colonel Jackie Fouquereau. Ce dernier, ancien chef du bureau de presse de l’armée française à Kaboul, avait été qualifié de « lâche » par Hervé Ghesquière dans un entretien donné fin février 2012 aux Echos du Touquet.

«Dans le cadre de la préparation d’un livre, j’avais calé mes rendez-vous avec tout le monde, j’avais déjà vu le président Sarkozy, et tout le monde m’a répondu. Sauf que le lieutenant-colonel Fouquereau, ce n’est pas un parmi tout le monde, c’est la source de l’information», explique le journaliste à l’AFP. Il précise que la plainte en diffamation porte « sur une formulation », et que le terme de « lâche » est « à comprendre dans le sens que son acte était lâche car il refusait seulement de me voir et c’était le seul, pas l’homme en tant que tel « .

L’avocat d’Hervé Ghesquière, Me Jean-Pierre Blesbois a précisé à l’AFP : » Il a refusé de rencontrer Hervé Ghesquière, on le démontrera, il y a eu des lettres recommandées, des demandes de rendez-vous, ce sera démontré. Il faut qu’Hervé Ghesquière sorte complètement indemne de cette procédure. Il ne va pas venir devant un tribunal comme un petit garçon pour dire : « Je me suis laissé emporter « .Tout ce qu’il a dit, c’est la vérité et il le démontrera ».

En septembre 2012, le journaliste publia un récit, 547 jours (Albin Michel) dans lequel il critiquait à la fois l’armée et l’Elysée. Selon lui, Jackie Fouquereau aurait « intoxiqué » l’Elysée et le gouvernement en leur affirmant que les deux journalistes de France 3 cherchaient « à tout prix à rencontrer des talibans », ce qui aurait causé leur perte. Hervé Ghesquière écrit : « tous les responsables politiques et militaires ont été informés par la même source, (…) cet officier était le seul à pouvoir abreuver sa hiérarchie de fausses informations qui seront ensuite relayées jusqu’à l’Elysée ».

L’audience aura lieu au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-mer mardi 11 juin.