Une dépêche AFP regroupe un documentaire et deux livres en évoquant le « feu » de leurs critiques contre « les » médias : « Profession journaliste », de Julien Desprès (en salle), « Les patrons de la presse nationale – Tous mauvais », de Jean Stern (La Fabrique) et « Les tartuffes du petit écran », de ma pomme.

Deux légères nuances s’imposent. D’une part, si l’on peut parler de « feu » dans la mesure où les points de vue des auteurs sont animés de passion voire de révolte, il n’est rien en regard des capacités de défense des structures visées : les médias grand public, de la presse écrite et de l’audiovisuel, et ceux qui les dirigent ou qui en sont les animateurs vedettes sont fermés à toute esquisse d’autocritique. Et l’on aura peu de chance d’entendre l’un des trois auteurs cités s’exprimer sur l’un ou/et l’autre de ces grands tuyaux à blabla. Notre mitraille reste de mousse face à ces forteresses blindées.
D’autre part, les propos développés dans ces deux livres et ce documentaire ne visent pas « les » médias, mais certains d’entre eux, qui ont choisi ces dernières décennies de faire passer le profit, le marketing et le divertissement facile avant la déontologie, le risque et l’intelligence, sans lesquels on peine à faire du journalisme digne de ce nom. Il demeure cependant de nombreux médias et de nombreux journalistes qui préservent l’honneur et l’image de ce métier.